Les boissons édulcorées consommées pendant la grossesse n’ont pas d’effets négatifs sur le microbiote intestinal des nourrissons

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur email

Déclaration de l’ISA en réponse à l’étude de Laforest-Lapointe et al.

Bruxelles, le 4 janvier 2021 : Contrairement aux affirmations réalisées dans une nouvelle étude de Laforest-Lapointe et al.1, l’Association internationale des édulcorants (ISA) souligne que les évaluations de sécurité réalisées par les autorités réglementaires du monde entier n’ont cessé de confirmer de manière répétée et constante l’innocuité de tous les édulcorants approuvés, y compris ceux consommés pendant la grossesse2,3,4.

Parmi les autorités réglementaires, citons le Comité mixte d’experts sur les additifs alimentaires (JECFA) de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA) et l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). Il va sans dire qu’avant d’autoriser l’utilisation d’un édulcorant, ces autorités évaluent rigoureusement toutes sortes d’études analysant leurs potentiels effets secondaires, notamment leurs effets sur la fonction intestinale.

Il est également important de souligner que l’étude de Laforest-Lapointe et al. présente un certain nombre de limites, car il s’agit d’une étude cas-témoins, à savoir un type d’étude d’observation. En effet, la conception de ce type d’étude ne peut pas déterminer une relation de cause à effet en raison des facteurs de confusion résiduels et potentiellement non mesurés. En outre, les résultats de cette étude se basent uniquement sur un petit sous-ensemble (n=100) d’une cohorte plus large.

Comme le reconnaissent également les auteurs et le confirment les résultats de l’étude, les principaux vecteurs déterminant la composition du microbiote intestinal des nourrissons découlent d’un ensemble de facteurs qui ne relèvent pas de la consommation de boissons édulcorées. Par exemple, on a constaté que l’allaitement, le type d’accouchement, l’origine ethnique, l’âge du nourrisson et les antibiotiques intrapartum ont des effets importants sur la diversité du microbiote, alors que les effets de la consommation de boissons édulcorées sont minimes. D’autres limites méthodologiques de l’étude, telles que les potentielles erreurs de mesure dans les consommations auto-déclarées de boissons, peuvent avoir influencé l’observation précédente.

De la même manière, les facteurs qui influent sur la prise de poids et l’indice de masse corporelle (IMC) des nourrissons à l’âge d’un an sont nombreux, sans qu’aucun lien direct et causal ne soit établi entre la consommation de boissons diététiques pendant la grossesse et le poids des nourrissons. Toute association constatée dans les études d’observation est très probablement due à une causalité inverse, c’est le cas par exemple des femmes enceintes à risque de prendre du poids qui se tournent vers les édulcorants afin de réduire leurs apports en sucre et en calories. 

À l’heure où l’obésité et les maladies non transmissibles, dont le diabète et les maladies bucco-dentaires, constituent encore des défis importants pour la santé dans le monde, et compte tenu des recommandations actuelles de santé publique visant à réduire la consommation globale de sucre, les édulcorants peuvent contribuer à créer des environnements alimentaires plus sains. Ils offrent une grande variété de saveurs sucrées avec peu ou pas de calories, et peuvent donc être un moyen utile, s’ils sont utilisés à la place du sucre et font partie d’une alimentation équilibrée, pour aider à réduire l’apport global en sucres et en calories, ainsi que pour contrôler les niveaux de glucose dans le sang, y compris pour les femmes enceintes qui peuvent être exposées à un risque de diabète gestationnel5. Par ailleurs, les édulcorants ne fermentent pas sous l’action des bactéries buccales, ce qui veut dire qu’ils ne contribuent pas à la déminéralisation dentaire, celle-ci étant l’une des causes de la carie dentaire5. Ils peuvent ainsi contribuer à une bonne santé dentaire, lorsqu’ils sont utilisés à la place du sucre6, dans le cadre d’une alimentation sans risque pour les dents.

  1. Laforest-Lapointe I, Becker AB, Mandhane PJ, Turvey SE, Moraes TJ, Sears MR, Subbarao P, Sycuro LK, Azad MB, Arrieta MC. Maternal consumption of artificially sweetened beverages during pregnancy is associated with infant gut microbiota and metabolic modifications and increased infant body mass index. Gut Microbes 2021;13(1):1-15. doi: 10.1080/19490976.2020.1857513. (open access)
  2. http://www.fao.org/food/food-safety-quality/scientific-advice/jecfa/en/
  3. https://www.fda.gov/food/food-additives-petitions/high-intensity-sweeteners
  4. http://www.efsa.europa.eu/en/topics/topic/sweeteners
  5. EFSA Scientific opinion on the substantiation of health claims related to intense sweeteners. EFSA 2011 Journal 9(6): 2229, and 9(4): 2076 and Commission Regulation 432/2012/EU (OJ L 136 25.5.2012, p. 1): http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2012:136:0001:0040:en:PDF
  6. Sugar substitutes and their role in caries prevention, FDI World Dental Federation, September 2008