Le goût sucré – sans calories : des experts présentent la preuve scientifique la plus récente portant sur les édulcorants

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur email

Nouveautés scientifiques du colloque de l’ISA organisé lors de la conférence sur la nutrition de GANEPÃO 2018 au Brésil

 

Informations clés :

  • Les édulcorants sont parmi les ingrédients alimentaires les plus étudiés au monde. Avant d’autoriser leur utilisation sur le marché, les autorités réglementaires internationales les soumettent à des évaluations de sécurité rigoureuses et confirment de manière constante leur sécurité.
  • Il existe une preuve épidémiologique convaincante portant sur l’absence de lien entre les édulcorants et l’apparition des différents types de cancers.
  • Les édulcorants ont pour effet non pas d’augmenter, mais de satisfaire l’envie de consommer des produits sucrés et de favoriser la réduction de l’apport énergétique.
  • Étant donné que les édulcorants permettent à la fois de réduire la consommation de sucre et de préserver la palatabilité des aliments, la preuve existante suggère que leur utilisation peut constituer une stratégie efficace de prévention et de traitement de l’obésité et du diabète.

Introduction

L’utilisation et le rôle des édulcorants dans le régime alimentaire est toujours un sujet d’actualité dans la recherche. Chaque année, de nombreuses et nouvelles publications dévoilent de nouvelles preuves sur les avantages de leur utilisation. La plus récente preuve scientifique disponible a été présentée et débattue par un panel d’intervenants internationaux lors du colloque organisé par l’Association internationale des édulcorants (ISA), dans le cadre de la conférence sur la nutrition de Ganepão 2018, tenue le 13 juin 2018 à São Paulo, au Brésil.

 

Le Prof. Carlo La Vecchia de l’Université de Milan en Italie, la Dre France Bellisle de l’Université de Paris 13 en France et le Dr Caomhan Loguede l’Université d’Ulster située à Coleraine, au Royaume-Uni, présentèrent les données les plus récentes dans leur domaine de compétences et de recherche scientifique lors du colloque : « Le goût sucré sans calories : la sécurité, les avantages et le rôle des édulcorants dans l’obésité et le diabète » qui a été organisé par l’ISA et auquel ont assisté plus de 130 scientifiques, médecins et professionnels de la nutrition.

Une analyse de la preuve portant sur la sécurité des édulcorants

Malgré les évaluations menées de manière régulière et approfondie en matière de sécurité et en dépit de la confirmation régulière de la sécurité des édulcorants réalisée par les autorités réglementaires internationales, y compris par le Comité mixte d’experts sur les additifs alimentaires (JECFA) de l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), par l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA) et par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), le rôle des édulcorants dans l’apparition du cancer fait l’objet de nombreux débats depuis les années 70. Tout en présentant les données disponibles qui ont publiées, et en accord avec les avis scientifiques émis par les autorités internationales de sécurité alimentaire, le Prof. Carlo La Vecchia a conclu en déclarant qu’il existe aujourd’hui une preuve épidémiologique convaincante qui confirme l’absence de lien entre les édulcorants et l’apparition des différents types de néoplasmes.1

Dans le but d’offrir une analyse de la preuve sur la sécurité des édulcorants et sur l’apparition des différents types de cancers, le professeur La Vecchia présenta les données de ses travaux de recherche qui portent sur le risque d’apparition du cancer dans différents organes, notamment dans la cavité buccale, le pharynx, le larynx, l’œsophage, l’estomac, le pancréas, le côlon, le rectum, le sein, les ovaires, l’endomètre, la prostate et les reins. Il exposa également le travail de recherche d’autres scientifiques sur les néoplasmes cérébraux et hématopoïétiques, parmi d’autres types de cancers. Sur la base de la preuve épidémiologique disponible, les édulcorants ne sont pas associés à un risque accru d’apparition des types cancers étudiés, ce qui s’inscrit dans la même ligne que les innombrables études existantes sur la cancérogénicité et qui démontrent bien que les édulcorants autorisés n’ont aucun effet cancérigène.2

De plus, les niveaux actuels de consommation globale des différents édulcorants sont très inférieurs aux doses journalières admissibles (DJA) d’une personne et pour chaque édulcorant, ce qui vient renforcer l’idée qu’il n’y a aucune raison de s’inquiéter des niveaux actuels de consommation.3

Le goût sucré sans calories et l’effet des édulcorants sur l’appétit et sur l’apport énergétique

L’effet des édulcorants sur l’appétit et sur l’apport énergétique, et le rôle du goût sucré sans calories dans le régime alimentaire, ont suscité un vif intérêt chez les scientifiques, au cours des dix dernières années, car les édulcorants peuvent devenir un outil efficace pour aider les personnes à accomplir les récentes recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en matière de diminution de la consommation excessive de sucre.4

La Dre France Bellisle a parlé du goût du sucre dans le régime alimentaire, de notre préférence innée pour le sucré et du rôle des édulcorants dans la diminution du sucre et de l’apport énergétique, étant donné qu’ils satisfont notre goût du sucré sans apporter de calories.5 De récentes analyses systématiques et des méta-analyses ont confirmé par ailleurs que, dans le cadre de programmes de perte de poids, l’utilisation des édulcorants est associée à une baisse de la consommation de sucre et de l’apport énergétique, et que les édulcorants peuvent également aider à stabiliser le poids après un régime.6 La Dre Bellisle a présenté des données qui démontrent que, bien que les premières hypothèses suggèrent que les édulcorants pouvaient accroître l’appétit naturel pour le sucre et, paradoxalement, stimuler la consommation d’autres produits sucrés (avec une teneur en sucre) et peut-être la surconsommation, des essais cliniques révèlent que les édulcorants peuvent non pas augmenter, mais satisfaire l’envie de consommer des produits sucrés et favoriser la réduction de la consommation de sucres5,7 En ce qui concerne les besoins futurs de la recherche, la Dre Bellisle a conclu qu’il était nécessaire de mener des recherches supplémentaires, afin d’évaluer le rôle des édulcorants dans la gestion de l’appétit pour le sucre tout au long de la vie, et dans la prévention de la prise de poids, en particulier chez les personnes exposées au surpoids et à l’obésité.

Le rôle des édulcorants dans l’obésité et le diabète sous l’angle de la santé publique

Sachant que l’obésité et le diabète sont devenus, au cours de ces dernières décennies, de véritables problèmes mondiaux en matière de santé, l’objectif de la présentation du Dr Caomhan Logue était d’analyser et de présenter, dans une perspective de santé publique, la preuve portant sur le rôle des édulcorants dans le traitement de l’obésité et du diabète.6,8 Étant donné que la consommation de sucre dépasse les recommandations établies par les organisations de santé, la présentation aborda les diverses approches qui permettent de réduire sa consommation, comme la promotion de choix plus sains, la réduction de la taille des portions, la révision de la composition des produits et notamment l’utilisation des édulcorants.9

 

Malgré la preuve actuelle fondée sur les analyses systématiques et les méta-analyses récemment publiées, et qui signalent les effets positifs des édulcorants sur le poids lorsqu’ils sont utilisés en remplacement du sucre, le débat sur l’usage et les effets des édulcorants sur la gestion à long terme du poids et de l’obésité persiste encore. Ce débat est principalement dû aux conclusions contradictoires qui proviennent des études d’observation réalisées et dont certaines ont signalé les liens positifs existants entre le risque de prise de poids et le diabète. Cependant, ces conclusions peuvent être attribuées en grande partie à une causalité inversée ou à la présence de facteurs de confusion. D’autre part, les limites liées aux méthodes d’estimation de l’apport alimentaire peuvent également être à l’origine de résultats partiels. C’est pourquoi, dans le but de remédier à ce type de limitations dans les futures recherches, il peut s’avérer utile d’adopter des approches alternatives telles que les biomarqueurs, qui puissent fournir des données plus objectives et complètes sur la consommation des édulcorants.10 Quoi qu’il en soit, les études d’observation ne peuvent par nature établir un lien de causalité et toute relation mise en avant doit être évaluée au moyen d’essais cliniques bien conçus et effectués sur le corps humain.

Étant donné que les édulcorants sont des additifs alimentaires qui permettent d’obtenir le goût sucré sans apports caloriques, ces derniers peuvent à la fois contribuer à la réduction de la consommation de sucre et de l’apport énergétique, sans avoir d’impact glycémique, et préserver la palatabilité des aliments et des produits reformulés. Par conséquent, lorsque les édulcorants sont intégrés à une alimentation globale de qualité et à un mode de vie sain, ces derniers peuvent contribuer à atteindre d’importants objectifs de santé publique en matière d’obésité et de diabète .

Pour obtenir plus d’informations sur le programme et les intervenants du colloque de l’ISA, organisé lors de la conférence sur la nutrition de Ganepão 2018, ainsi que sur les activités organisées par l’ISA au cours de cette rencontre, veuillez consulter la page correspondante sur le portail Web de l’ISA en cliquant ici.

  1. Gallus S, et al,…, La Vecchia C. Artificial sweeteners and cancer risk in a network of case-control studies. Ann Oncol 2007 Jan; 18(1): 40-4
  2. Magnuson BA, et al. G. Biological fate of low-calorie sweeteners. Nutr Rev 2016; 74(11): 670-689
  3. Martyn D, et al. Low-/No-Calorie Sweeteners: A Review of Global Intakes. Nutrients 2018; 10(3): 357
  4. World Health Organization. Guideline: sugars intake for adults and children. Geneva: World Health Organization; 2015.
  5. Bellisle F. Intense Sweeteners, Appetite for the Sweet Taste, and Relationship to Weight Management. Curr Obes Rep 2015; 4(1): 106-110
  6. Rogers PJ, et al. Does low-energy sweetener consumption affect energy intake and body weight? A systematic review, including meta-analyses, of the evidence from human and animal studies. Int J Obes 2016;40(3):381-94
  7. Appleton KM, et al. Sweet taste exposure and the subsequent acceptance and preference for sweet taste in the diet: systematic review of the published literature. Am J Clin Nutr 2018;107:405–419.
  8. Nichol et al. Glycemic impact of non-nutritive sweeteners: a systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. Eur J Clin Nutr 2018; 72: 796-804
  9. Public Health England. Sugar Reduction: Achieving the 20%; 2017
  10. Logue C et al. Application of Liquid Chromatography-Tandem Mass Spectrometry To Determine Urinary Concentrations of Five Commonly Used Low-Calorie Sweeteners: A Novel Biomarker Approach for Assessing Recent Intakes? J Agric Food Chem 2017; 65(22): 4516-4525.