Comment les édulcorants hypocaloriques peuvent-ils aider les personnes à la diète ?

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur email

Actualités scientifiques du Sommet sur la réduction du sucre, Londres

Engagés dans notre objectif d’apporter aux visiteurs du site web de l’ISA les dernières connaissances scientifiques sur les édulcorants hypocaloriques et de fournir des informations factuelles sur leur utilisation dans l’alimentation, nous partageons dans cet article les dernières nouvelles scientifiques présentées lors du récent Sommet sur la réduction du sucre, tenu à Londres le 9 novembre.

Points saillants :

  • Les édulcorants hypocaloriques peuvent aider les personnes à la diète à aligner des objectifs contradictoires : la jouissance d’aliments savoureux et le contrôle du poids.
  • À partir de la théorie de la « satiété sensorielle spécifique », la consommation d’un aliment sucré (avec ou sans calories) peut rassasier le désir de douceur et réduire la consommation d’aliments plus sucrés.
  • Aucune preuve n’existe affirmant qu’un édulcorant hypocalorique approuvé aurait un effet sur le microbiote intestinal chez l’humain et entraînerait un gain de poids.
  • Les défis de la recherche et l’interprétation des données par les médias affectent la communication scientifique.

Informations supplémentaires sur l’utilisation des édulcorants hypocaloriques par les personnes à la diète.

L’un des sujets d’intérêt lors du Sommet était de savoir si les édulcorants hypocaloriques peuvent aider les personnes à la diète dans leurs efforts pour perdre du poids et comment le faire. Tel que présenté préalablement cette année lors du Congrès Européen sur l’Obésité, en mai 2017, à Porto (Portugal), à partir des résultats préliminaires d’une étude en cours, les consommateurs fréquents de boissons sucrées hypocaloriques ont consommé moins de calories lorsqu’ils ont été exposés à des aliments sucrés, comme le chocolat, lors d’un stade d’appétit par rapport aux non-consommateurs qui ont participé à l’étude. Sur la base de ce résultat ainsi que des résultats d’études précédentes 1les consommateurs fréquents utilisent des boissons sucrées hypocaloriques comme moyen de combattre les fringales sucrées et de réduire avec succès l’apport calorique en état d’avidité.

Suite à ce qu’elle a présenté en mai, lors du Sommet sur la réduction du sucre, la Dr Charlotte Hardman, de l’Université de Liverpool (Royaume-Uni), a fourni plus d’informations sur la psychologie des régimes amaigrissants et sur comment les édulcorants hypocaloriques peuvent aider les personnes à la diète. En effet, les personnes à la diète chronique jonglent avec deux objectifs contradictoires : la jouissance d’aliments savoureux et leur effort continu pour contrôler leur poids corporel. La consommation de boissons sucrées hypocaloriques peut aider les personnes à la diète à aligner ces objectifs potentiellement contradictoires, comme l’alimentation hédonique et le contrôle du poids. Selon les résultats de l’étude, les consommateurs fréquents ont associé les boissons sucrées hypocaloriques au plaisir et à un rôle positif dans la régulation du poids.

En outre, et quand il s’agit de goût sucré, la Prof Katherine Appleton, Université de Bournemouth (Royaume-Uni), a souligné dans son discours qu’une « satiété sensorielle spécifique » 2, c’est-à-dire, la consommation d’un aliment sucré (avec ou sans calories) peut rassasier le désir et réduire la consommation d’aliments plus sucrés, a été décrite dans la littérature déjà au début des années 90. En termes simples, cela signifie que lorsque nous mangeons, par exemple, un dessert, à un moment donné, nous nous sentons déjà satisfaits/ rassasiés et nous ne voulons pas continuer à manger plus de cet aliment ou d’un autre au goût sucré. A cette occasion, si la nourriture/ boisson choisie est édulcorée avec des édulcorants hypocaloriques, cela signifie que nous pouvons satisfaire notre désir de douceur avec un choix qui fournit moins de calories et moins de sucre et réduire davantage la consommation d’aliments plus sucrés. Bien sûr, cela est particulièrement important pour les personnes qui souhaitent perdre ou gérer leur poids.

Mais comment les médias traduisent-ils la science?

Avec plus de 1000 régimes de perte de poids publiés, et d’autres qui apparaissent chaque jour dans les médias, et avec des millions de résultats de recherche Google autour de suivre un régime, se perdre dans la transmission de l’information disponible est simplement normal. Par conséquent, il n’est pas surprenant que les croyances des consommateurs sur le rôle des édulcorants hypocaloriques dans le contrôle du poids soient différentes et polarisées, comme le note la Dr Hardman. Sur ce plan, l’interprétation de la science par les médias est souvent problématique et inutile, comme l’a souligné le Dr Caomhan Logue, Université d’Ulster, Irlande du Nord (Royaume-Uni), dans son discours au Sommet intitulé « Un aperçu des données scientifiques récentes sur les édulcorants hypocaloriques et leur transmission dans les médias ». Les défis de la recherche elle-même, tels que les limites des méthodes d’évaluation initiale ou les facteurs confusionnels non mesurés dans les études observationnelles, ainsi que la mauvaise interprétation des données transmises dans un reportage, peuvent compromettre la communication scientifique et entraîner une confusion ou une perception erronée.

Un exemple malheureux de la façon dont les médias déforment la science ou, pire encore, publient des résultats douteux, sans tenir compte de la totalité des preuves dans un domaine scientifique, pouvant influencer les perceptions nous ramène en 2014, lorsqu’un étude publiée dans Natureaffirmait que les édulcorants hypocaloriques pouvaient conduire à l’intolérance au glucose et que le gain de poids suscitait une grande attention médiatique et débouchait sur des titres à sensation3. Cependant, la plupart des médias ont omis de rapporter que ces affirmations étaient basées sur une étude sur des souris utilisant des doses extrêmement élevées, dépassant cent fois la dose journalière admissible (DJA), d’un édulcorant et sur un essai humain chez 7 personnes sans groupe de contrôle et sur la réponse glycémique dans seulement quatre d’entre eux. Dans son exposé sur les édulcorants hypocaloriques et le microbiome intestinal, la Dr Alexandra Lobach, Intertek, a présenté les principales limites de cette étude et, surtout, un aperçu de la littérature publiée concluant que les études actuellement disponibles ne fournissent aucune preuve que l’édulcorant affecte le microbiote intestinal chez l’humain, aux niveaux d’ingestion humaine actuellement autorisés.

Messages à retenir pour les personnes à la diète

Le but ultime et principal pour tous, y compris pour les chercheurs, les professionnels de la santé et les personnes à la diète est de trouver quelles stratégies peuvent aider les différentes personnes à réguler plus efficacement leur poids corporel. Et il n’est pas nécessaire que chaque stratégie fonctionne pour tous, car les régimes différents ne conviennent pas à toutes les personnes à diète. Le meilleur régime est celui que chaque individu suivra et incorporera dans sa vie quotidienne pour le maintien à vie d’un poids corporel sain4 et, dans ce contexte,  chaque stratégie alimentaire, y compris l’utilisation d’édulcorants hypocaloriques, peut aider à mieux suivre une diète, à introduire des changements de style de vie et à aligner les objectifs divergents des personnes à la diète, c’est-à-dire, à maintenir la palatabilité de l’alimentation tout en gérant le poids corporel.

  1. Bellisle F. Intense Sweeteners, Appetite for the Sweet Taste, and Relationship to Weight Management. Curr Obes Rep 2015; 4(1): 106-110
  2. Rolls BJ. Sensory-specific satiety. Nutr Rev, 1986 Mar;44(3):93-101
  3. ISA refutes claims made in Suez et al. study. Available here.
  4. Matarese LE and Pories WJ. Adult weight loss diets: metabolic effects and outcomes. Nutr Clin Pract, 2014 Dec;29(6):759-67