Workshop "Low calorie sweeteners, sweet taste and weight management" at Dietecom 2015 [FR]


Posted: 01 April 2015

Brussels 1 Avril 2015: Dans le cadre des Journées de Nutrition Pratique (salon Dietecom), qui se sont déroulées à Paris les 26 et 27 mars 2015, l’Association Internationale pour les Edulcorants (ISA) organisait un atelier autour des thématiques du goût sucré et de la gestion du poids. L’occasion pour le Pr Marc Fantino et la diététicienne-nutritionniste Audrey Aveaux de répondre à toutes les questions sur le rôle des édulcorants, en s’appuyant sur des études récentes ainsi que sur les derniers travaux de l’Anses1.

Les édulcorants peuvent-ils conditionner une préférence pour les produits sucrés ?

De manière générale, certaines personnes sont naturellement plus attirées par le goût sucré, qu’ils soient utilisateurs ou non d’édulcorants. Cela ne signifie pas pour autant que la saveur sucrée des édulcorants entretient l’envie de sucré, et encore moins qu’elle peut provoquer une addiction aux produits sucrés. Selon le Pr Marc Fantino « les édulcorants sont, par définition, des produits acaloriques. Ils ne peuvent donc pas, par eux mêmes, induire un conditionnement de préférence alimentaire ».

Une étude2 du Dr France Bellisle (menée sur la cohorte SU.VI.MAX) a d’ailleurs prouvé que les utilisateurs d’édulcorants consommaient globalement moins de sucres, démontrant de fait l’absence d’une attirance particulière de cette population pour le goût sucré. Sur ce même sujet, le dernier rapport de l’Anses1 adopte les conclusions des travaux du groupe de L. Birch3 sur l’établissement des préférences gustatives chez l’enfant « … suggérant que le goût sucré en lui-même n’est pas suffisant pour susciter des préférences alimentaires, et que la densité énergétique, tout autant voire davantage que la saveur sucrée, peut être le déterminant des préférences alimentaires ».

Les édulcorants stimulent-ils la prise alimentaire ?

Concernant l’hypothèse d’un possible effet paradoxal de stimulation du comportement alimentaire par les édulcorants, le groupe de travail de l’Anses a rappelé que « la majorité des études expérimentales montre qu’une consommation ponctuelle d’édulcorants avant ou pendant un repas n’a aucun effet sur la prise alimentaire et l’apport énergétique au cours du repas suivant. ».

Les édulcorants ont-ils un intérêt dans la gestion du poids ?

Sur cette question, les deux experts s’accordent à dire que « les édulcorants jouent un rôle important pour les personnes soucieuses de leur poids, dans le contrôle des apports caloriques ». Conduite par le chercheur James Hill, expert américain de l’obésité et professeur de Pédiatrie et de Médecine, une étude récente4 , menée sur 3 mois auprès de 303 personnes, a permis de constater le rôle bénéfique des boissons light avec édulcorants dans la perte de poids. Les sujets qui en consommaient ont en effet perdu en moyenne 5,95 kg contre 4,09 kg pour ceux qui consommaient de l’eau. Le groupe ayant consommé des boissons édulcorées a également fait état d’une moindre sensation de faim.

Audrey Aveaux, diététicienne et nutritionniste, rappelle que c’est dans le cadre d’une prise en charge globale que la place des édulcorants s’avère essentielle : « dans un programme de perte de poids, remplacer le sucre par des édulcorants peut aider à perdre davantage que sans remplacement, d’autant que les édulcorants n’induisent pas de surconsommation ». Un bénéfice confirmé par l’Anses qui souligne dans son rapport que « l’utilisation des édulcorants en substitution du sucre entraîne dans la plupart des cas un moindre apport énergétique à court terme du fait de leur faible apport calorique et de l’absence de compensation ».

Quels bénéfices les édulcorants apportent-ils aux personnes diabétiques ?

Pour le Pr Marc Fantino « le bénéfice des édulcorants ne se limite pas au seul domaine de la gestion calorique et de la régulation pondérale : ces produits ont aussi un intérêt évident pour les diabétiques ou pour l’hygiène bucco-dentaire ». En effet, ils offrent aux personnes souffrant de diabète un choix alimentaire plus large en leur apportant le plaisir du goût sucré sans les effets secondaires du sucre, comme par exemple l'élévation de la glycémie. Pour l’Anses : « la consommation d’édulcorants n’a pas d’effet sur les paramètres glycémiques à court et moyen terme chez le sujet sain ou chez le sujet diabétique ».

L’Anses a tenu à rappeler dans son rapport que « les associations de patients diabétiques signalent l’intérêt de la consommation d’édulcorants dans un contexte social (…) ». Pour Audrey Aveaux, « ils sont un coup de pouce indéniable pour les diabétiques qui apprécient le goût sucré et peuvent les aider à contrôler leur poids ».

L’avis de l’ISA sur le rapport Anses

Si les conclusions du rapport lèvent un certain nombre d’idées reçues concernant les effets nutritionnels des édulcorants, l’ISA regrette que leur utilité n’ait pas été davantage prise en compte. Le travail des experts a tout de même apporté des éléments de réponse rassurants : les édulcorants n’exacerbent pas la sensation de faim, ils ne font ni manger plus, ni grossir, ils n’augmentent pas l’appétence pour le goût sucré, ils ne provoquent pas le diabète, ils n’ont pas d’effets sur la glycémie et enfin leur consommation n’a pas de répercussion sur la sécrétion d’insuline. En outre, l’Anses a réaffirmé que les édulcorants étaient bien des ingrédients sûrs: « Les données disponibles ne permettent pas de mettre en évidence un risque lié à la consommation d’édulcorants ».

Pour en savoir plus : /fr/danslactualite/communiquesdepresse/l-isa-souhaite-apporter-son-eclairage-sur-les-benefices-nutritionnels-des-edulcorants

References

  1. Évaluation des bénéfices et des risques nutritionnels des édulcorants intenses. Avis de l’Anses, Rapport d’expertise collective, Novembre 2014
  2. Bellisle F, Altenburg de Assis MA, Fieux B, Preziosi P, Galan P, Guy-Grand Bet al. Use of 'light' foods and drinks in french adults: biological, anthropometric and nutritional correlates. J Hum Nutr Diet (2001); 14:191-206
  3. Birch L. L., J. O. Development of eating behaviors among children and adolescents. Pediatrics (1998) ; 101, 539-49 Peters et al. The Effects of Water and Non-Nutritive Sweetened Beverages on Weight Loss During a 12-week Weight Loss Treatment Program, Obesity (2014)